Raconter des histoires: les bases

Pourquoi racontons-nous des histoires ?

 Les histoires que nous racontons ont deux fonctions principales : donner du sens et créer des liens.

Donner du sens

C’est grâce aux histoires que nous donnons du sens au monde qui nous entoure. Sans cette capacité à penser les événements en termes de début, de fin, de causes et de conséquences, le monde qui nous entoure nous apparaîtrait comme un immense chaos. D’ailleurs, le travail des psychologues est d’identifier, par la conversation, l’histoire que se raconte le patient. Si c’est une histoire qui l’empêche d’avancer, le psychologue aidera le patient en écrire une meilleure.

Créer des liens

 La deuxième fonction des histoires nous intéresse tout particulièrement en rhétorique: c’est par les histoires que nous nous connectons avec les gens. C’est également grâce aux histoires que nous entretenons des liens avec eux (« tu connais la dernière? »). Cette fonction de connexion fait des histoires un outil indispensable pour les orateurs.

Comment on raconte une histoire?

Pour qu’une histoire soit bien une histoire il faut organiser la structure autours de 3 composants : « Et », « Mais », « Donc ».

« ET » – L’exposition

« Et » est un mot d’exposition « cette donnée existe, ceci est arrivé »…Lors de la phase d’exposition, votre rôle est de planter le décor.

Il faut alors :

– être clair sur les acteurs et les enjeux

– éviter de perdre le lecteur avec des détails inutiles ou des fausses pistes (c’est la règle du fusil de Tcheckov : s’il y a un fusil accroché au mur dans le premier acet, il doit tirer dans le troisième)

– créer un attachement empathique avec le personnage (c’est ce lien qui fera que le public en aura quelque chose à faire lorsque vous mettrez votre personnage dans une situation dramatique)

– instaurer une tension (pensez aux films d’épouvante : on attend souvent jusqu’à la moitié du film avant de voir le monstre. On ne sait pas à quoi il ressemble, mais on sait qu’il va apparaître, à un moment ou un autre. Cette tension nous tient en haleine).

« MAIS » – L’élément perturbateur

« Mais » est un mot de contradiction « cet autre élément/ce nouveau contexte complexifie notre compréhension/ crée un problème ».  Votre rôle de narrateur est alors de faire ressentir le caractère inattendu ou dramatique du problème qui survient. Vous devez faire percevoir l’ampleur des changements qu’il produit. À partir de cet élément perturbateur, vous devez prolonger l’état de tension. C’est le ‘suspense’: votre public doit avoir des doutes sur l’issue.

« Donc » – La résolution

« Donc » est un mot de résolution. Vous présentez la manière dont le problème a été résolu « cette idée, ce comportement, cette décision a permis au héros de s’adapter aux circonstances ». L’objectif de base de cette phase est que votre public n’ait pas envie de dire: « et donc? Pourquoi tu m’as raconté ça? ». Votre objectif d’orateur est d’inviter votre auditoire à la réflexion, de l’amuser ou de le motiver.

En somme:

Fonction de base : résoudre la tension

Fonction avancée :

– La résolution fait réfléchir (par qu’elle est originale, surprenante)

– La résolution amuse (elle déjoue les attentes…)

Dans un prochain billet, je vous donnerai des éléments pour produire une bonne histoire. À ce stade, je vous encourage à intégrer la structure de base en faisant l’exercice suivant: racontez une mésaventure qui vous est arrivée dans votre vie professionnelle ou personnelle. Concluez par une leçon que vous en avez tiré.

Voici un outil pour vous guider dans la production de votre histoire: Raconter une histoire 

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